Archives mensuelles : mars 2012

Quel est le vrai obstacle quant à l’intégration des TIC en salle de classe?

Il y a deux mois, j’aurais cru que le manque d’accès aux ordinateurs était l’obstacle majeur à l’intégration des TIC en salle de classe. Aujourd’hui, j’ose dire que c’est plutôt le manque de formation et de motivation chez les enseignants qui sont équitablement les obstacles majeurs.

Depuis au moins 7 ans, j’ai un minimum de trois ordinateurs portables en salle de classe qui n’ont que ramassé de la poussière sur le comptoir. Je ne savais pas comment les intégrer dans mes cours. J’avais une connaissance assez avancée quant à l’utilisation de cet outil, mais elle se limitait surtout au contenu magistral de mon enseignement. Les élèves y touchaient rarement. Les ordinateurs étaient accessibles, il y avait même un laboratoire d’ordinateurs disponible. Malheureusement, mes pratiques pédagogiques ne s’y prêtaient pas. J’étais l’exemple typique d’une enseignante qui se disait innovatrice, sans faire appel aux TIC. Est-ce même possible?

En lisant l’article écrit par Martine Rioux(APP) http://archives.infobourg.com/sections/editorial/editorial.php?id=11289, j’apprécie sa pensée qui se lit comme suit : …il faut arrêter d’évaluer les conditions – nombre d’ordinateurs disponibles – pour se concentrer sur l’évaluation de la qualité et de l’efficacité des usages. » Les outils qui sont donc disponibles ne sont pas exploités à leur juste valeur, car les enseignants ne savent pas comment les intégrer dans leurs leçons. Je constate, comme plusieurs d’ailleurs, qu’il y a un manque de formation offerte aux enseignants qui est indispensable à l’intégration des TIC en salle de classe.

Quant à Inês Lopes qui offre un survol de deux conférences sur les TIC, livrées à l’ACFAS : parlons d’autoefficacité à intégrer les TIC, puis de formation aux compétences informationnelles au lien suivant : http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/viepedagogique/160/index.asp?page=enAbrege_2, elle souligne des sources qui influencent l’auto efficacité par rapport à l’intégration des TIC en classe par des enseignants du primaire. Quatre sources sont précisées : l’expérience active de maitrise, l’expérience vicariante, la persuasion verbale ainsi que les états physiques et émotionnels. Il n’y a aucune mention du manque d’accès aux ordinateurs.

Selon moi, le manque de formation et de motivation sont les grands obstacles quant à l’intégration des TIC. Je veux maintenant me prononcer non sur ce que je lis dans les articles, mais selon ce que je vis présentement en tant qu’enseignante motivée qui poursuit sa formation. Si je réfléchis à ma semaine de travail, voici les défis rencontrés dans ma poursuite de l’utilisation des TIC en salle de classe : manque de connectivité de certains ordinateurs, chariot de portables non disponible, laboratoire d’ordinateurs déjà réservé, pertes de récréations afin de régler difficultés techniques, certains portables plus lents que d’autres, manque de prises pour charger les piles (échange continuel des prises afin de charger les piles faibles), élèves qui oublient leur mot de passe et ce, tout en essayant de bien gérer mes groupes d’élèves forts, moyens et en difficulté. C’est difficile à vivre. Je suis plus fatiguée que d’habitude.

Voici les raisons pour lesquelles la semaine prochaine sera vécue de la même façon : la motivation des élèves est palpable, leurs efforts sont plus constants, leur engagement à la tâche est à un haut niveau, mes collègues sont curieux et me questionnent, j’ai maintenant 12 ordinateurs fonctionnels en salle de classe (prêtés par des collègues qui ne se servent pas de les leurs!), le comité de parents m’appuie et est à la recherche de nombreux casques d’écoute pour mes élèves , je cherche continuellement des solutions à mes défis afin de rendre meilleur ce nouveau climat d’apprentissage et mes habiletés et mes connaissances s’accroissent à chaque jour.

Je suis plus motivée que jamais, car je suis passionnée par la pédagogie inversée qui fait appel aux TIC. J’enregistre mes leçons magistrales et les poste sur notre site de classe edmodo.com. En soirée, les élèves doivent donc consulter leur compte edmodo afin de visionner la vidéo assignée comme devoir. Le lendemain, nous en discutons brièvement en salle de classe. Selon le partage en grand groupe, je fais un petit diagnostic quant aux connaissances des élèves. Ceux qui ont bien compris les notions de la vidéo se mettent au travail. Je peux donc intervenir immédiatement auprès des autres élèves dont les connaissances sont bloquées quant aux plus simples notions d’application. Ils visionnent à nouveau les vidéos. Je questionne, j’offre d’autres explications. Ils questionnent et prennent en note mes commentaires clés et se mettent au travail, sachant que je suis présente pour répondre à toute question. Selon moi, je réussis donc une meilleure pédagogie différenciée que je juge plus efficace.

Un résumé de ma prochaine semaine suivra…je dois aller charger des piles!

Influences des réseaux sociaux

Depuis le début de mon cours Espace virtuel d’apprentissage, les réseaux sociaux ont eu une influence positive quant à mes relations interpersonnelles et professionnelles.  Dans l’espace d’une semaine, je me suis abonnée à Youtube et edmodo.com, des sites qui me permettent de poster des tutoriels de math pour mes élèves et leurs parents.  Je communique plus avec les parents qui sont soulagés et encouragés, car ils ressentent une implication efficace (de leur part) quant à l’éducation quotidienne de leur fils ou fille.  Facebook, que j’utilise toutefois pour des fins personnelles, m’a permis de communiquer avec le Dr. Lodge McCammon et l’enseignante Katie Gimbar qui font la promotion du mouvement de la Pédagogie inversée.  De plus,  mes abonnés/abonnements à Twitter me fournissent des lectures qui nourrissent ma motivation.  Des collègues à tous les niveaux ont collaboré avec moi afin que je puisse mieux performer en salle de classe.  Les réseaux sociaux permettent la collaboration, la réflexion et le changement.  Mais il faut toujours avoir des mises en garde.

Dans l’article http://teachingoutloud.org/2012/02/26/birthing-an-idea-creating-a-space-for-collaborative-thinking-about-canadian-education/Stephen Hurley est un enseignant passionné qui aime l’idée d’organiser un forum portant sur l’éducation au Canada.  Il propose un WordPress par lequel les gens pourraient discuter de tout et de n’importe quoi portant sur l’éducation dans notre pays.  Tout en étant motivé d’un tel forum, il mentionne lui-même le besoin d’établir certaines politiques afin d’assurer de bons échanges.  Il faut des mises en garde afin de comprendre les enjeux des réseaux.  Comme l’athlète qui doit bien connaitre les règlements de son sport, les internautes ont aussi besoin de connaitre les précautions, les permissions et les lois à respecter. 

Dans l’article http://www.netpublic.fr/2012/02/reseaux-sociaux-veille-et-usages-pedagogiques, Frédéric Cavazza précise que les médias sociaux désignent un ensemble de services permettant de développer des conversations et des interactions sociales sur internet ou en situation de mobilité.  C’est ce que j’ai fait cette semaine. J’ai eu des conversations, mais aucune de vive voix, et ce fut une des semaines les plus enrichissantes de ma carrière.  Ce même auteur avance par contre qu’il faut…être présent…soignez son identité numérique…maintenir la régularité et l’interaction.

Il faut promouvoir le savoir faire dans le monde des réseaux sociaux.  Les gens doivent se préoccuper de non seulement ce que disent les gens à leur sujet, mais ce qu’eux-mêmes disent à leur propre sujet.  Voilà ce que je tente de faire en salle de classe.  Une grande partie de mes élèves sont des internautes non-éduqués qui postent et publient sans réfléchir.  Je sens le besoin de modeler auprès d’eux et de leurs afin de faire voir les effets négatifs autant que positifs que peuvent avoir les réseaux sociaux. Ils doivent reconnaître la vigilence et les précautions nécessaires afin de protéger son identité numérique.  Ils doivent aussi faire appel à leur esprit critique lorsqu’ils consultent tout et n’importe quel site afin d’assurer la crédibilité.  En discutant avec eux et en partageant mes connaissances, je sens que je les rends plus habiles et plus attentifs.  Je ressents aussi de la part des parents une attitude positive face aux TIC dans ma salle de classe, car je fais la promotion de l’utilisation sécuritaire du web de l’internet.

Finalement, je suis toujours en formation continue quant à mon utilisation du web, à mes interactions professionnelles et sociales sur les plateformes sociales et pédagogiques.  Je sélectionne avec attention, je bloque à l’occasion.  Il y a toute une différence à souligner entre l’utilisation personnelle et professionnelle des réseaux sociaux.  Je dois en offusquer certains qui se pensent plus que de bonnes connaissances.  Mais voilà que je gère à ma façon mes affaires avant qu’on le fasse pour moi!