Ma classe inversée: comment je fais.

Pour faire suite au Hangout avec Christophe Batier

Mon but ultime en partageant mon expérience de ma classe inversée est de faciliter l’approche pour toute personne qui souhaite la mettre en pratique dans son enseignement. 

Depuis mon entretien avec Christophe, je me préoccupe de petites informations sur lesquelles nous, les enseignants, pouvons miser. Je suis en réflexion perpétuelle, afin de m’assurer d’être claire et concise pour mes collègues. Voici quelques explications qui font suite à mes propos lors de ma discussion avec Christophe. 

Mise en œuvre technique

J’utilise une caméra flip qui me permet d’enregistrer rapidement et télécharger immédiatement mes capsules sur ma chaîne YouTube. En 2011, je n’avais ni iPhone ni iPad, donc j’ai suivi les directives et conseils de Dr Lodge McCammon. J’évite à tout prix de faire trop de montage, car cela peut devenir exhaustif et prendre trop de temps. Si j’enregistre des capsules pour mes élèves, c’est parce que je gagne du temps en salle de classe, afin de circuler davantage. Je peux maintenant entamer des discussions concernant leurs apprentissages individuels pendant mon cours et sur une base quotidienne. Je m’éloigne de l’intention de la classe inversée si je consacre plus de temps au montage qu’au contenu de mon cours (planification, discussions, partages, interventions, etc.).

Je n’utilise plus les panneaux glissants.   Ils étaient très difficiles à effacer. De plus, j’étais limitée à ma salle de classe pour faire mes vidéos. Tout mon matériel se retrouvait dans ce local. Mais pourquoi me restreindre ainsi quand j’avais accès à un TBI? Les diapositives des flipcharts préparés par l’entremise de mon TBI sont affichées régulièrement pendant le cours. Les élèves peuvent donc consulter le même matériel sans animation (sans faire jouer les capsules). Mon TBI est un ActivBoard de Prométhéan Planète. J’exploite les outils de mon Activ grâce aux capsules et au blogue des TêtesActiv orchestrés par Nadine Tanguay.

Je tente de varier mes capsules, afin d’éviter la monotonie. J’apparais à l’écran si je juge que cela va contribuer au contenu. Je filme avec capture d’écran si les petits détails sont nombreux et importants à retenir. J’avoue que souvent, mon humeur comme mon apparence peuvent aussi être des facteurs déterminants! Est-ce que je suis bien peignée aujourd’hui? Est-ce que j’ai l’énergie nécessaire à l’animation de la vidéo? Il faut parfois se poser la question suivante : A-t-on besoin la capsule parfaite ou demain?

Je tiens à ce que ce soit moi dans les capsules que visionnent mes élèves. Ce sont mes manies, mes expressions et mes exemples auxquels ils vont se référer. Je leur demande (et aux parents et aux élèves) de me faire confiance pendant l’année scolaire. Je leur fais preuve d’initiative et d’engagement. Et j’ose leur en demander autant!   Comment puis-je faire tout ceci si j’utilise les capsules d’un autre? De plus, j’ai le contrôle sur le produit final qui répond à de nombreux besoins de mes élèves.

Je me suis formée de ma propre initiative. J’ai lu. J’ai visionné. J’ai posé mes questions aux gens plus habiles que moi. Je dévorais tout et n’importe quoi qui portait sur la classe inversée. J’ai alimenté la discussion à partir de mon compte Twitter @annickcarter1 et je me suis entourée de gens sympathiques qui ont, à leur tour, partagé avec moi. J’ai aussi profité de certaines journées de perfectionnement professionnel, afin de proposer mon propre horaire de webdiffusions, de blogues et de sites qui offraient une panoplie de ressources sur le comment faire! Voir la liste d’enseignants pratiquants la classe inversée ici. Merci à Christian Drouin pour ce partage.

Mise en œuvre pédagogique

Le contenu de chaque capsule est le résultat d’une réflexion bien dirigée de ma part. Qu’est-ce que je répète chaque année? Voilà une capsule! En gros, voici comment je procède :

  1.  Je rencontre mon équipe de niveau, afin d’uniformiser notre planification à moyen terme. Nous évaluons le contenu de chaque module (ce qui doit être bien expliqué, ce qui doit être bien compris, ce qui doit être appliqué, maîtrisé et transféré). En ayant le programme de mathématiques sous les yeux, ainsi que tous les manuels que consultent les élèves et du matériel qu’ils manipulent, nous identifions les pages et les numéros à consulter, les outils à utiliser et les activités à faire vivre. C’est à ce moment où nous établissons l’échéancier de chaque module (tout en accordant une certaine flexibilité comme doivent le faire la majorité des enseignants).
  2. À la suite de cette rencontre, je construis ma grille de vérification. Selon les activités et les tâches déterminées par mon équipe, j’évalue lesquelles nécessitent des explications de ma part ou qui ont comme but d’activer les connaissances des élèves, afin d’enrichir la discussion ou le débat. C’est à ce moment que j’enregistre ce contenu magistral qui me permet de gagner du temps en salle de classe auprès de mes élèves. Oui, j’ai souvent trop de capsules sur mes grilles. Oui, j’ai souvent trop de tâches/travaux sur mes grilles. J’ajuste le tir à chaque année, car aucun groupe d’élèves n’est le même. La première grille est toujours la plus difficile à concevoir, car on ne peut qu’anticiper le déroulement du module. Une fois cette première année terminée, on ne peut qu’améliorer et évoluer dans notre démarche.
  3. J’affiche l’entité de chaque module sur mon environnement numérique d’apprentissage (ENA) Clic. Je contrôle ce que voit l’élève et quand il le voit. En fin d’année, mon cours de mathématiques au complet s’y retrouve. Je peux déplacer, copier ou masquer les fichiers au besoin. C’est donc une planification à long terme que peuvent consulter mes collègues et ma direction. J’exploite tranquillement cet outil qui, jusqu’à présent, me plaît beaucoup. Son potentiel est énorme et je commence récemment à faire quelques tentatives avec des évaluations formatives en ligne, des téléchargements dans le pigeonnier et l’enregistrement de rétroactions constructives pour chaque élève. C’est donc mon ENA qui occupe mon temps ces jours-ci.

 

Dans un prochain billet, je me permettrai un bilan complet quant à tout ce que m’apporte ma classe inversée. Je pense fort intéressant d’inclure le vécu de différents élèves et des parents. Je tiens à partager l’importance que j’accorde au rôle que joue chacun et le partage de responsabilités entre parents-enfant-enseignant. J’observe que les parents de mes élèves reprennent avec enthousiasme et confiance leur rôle indispensable quant aux apprentissages de leur enfant. Et que cela encourage Mme Annick à continuer!

2 réflexions au sujet de « Ma classe inversée: comment je fais. »

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